Peyrus 8h15 !
Je gare la jeep a 500 mètres de la ligne ennemie dans un champ apparemment déminé. Phil et moi partons retrouver le reste du régiment qui revient de permission.
JCP, au rapport !
Revêtu de notre tenue de combat nous prenons le temps de faire la photo souvenir d'avant guerre.
Les soldats les plus entraînés partent à 8h30 sur le 38 km 2600 D+ ! Les moins chevronnés à 9h sur le 25 km 1500 D+, 2 parcours exigeants sous cette chaleur intense. Sur le 25, on forme 4 compagnies, Thierry et Laurent, Jennifer et Mam's, PJ et Phil, Philippe et moi, Brice et Pascal en sentinelle sans oublier Quentin en éclaireur !
Les 3 premiers kilomètres de faux plats montants se font au pas course, ça va bon train, formation en rang serré jusqu'au 1er obstacle, le pas du Touet, 2 km à 30 % !
Changement de tactique, on passe en file indienne et en marche militaire ! Je prends la tête de ma compagnie "les capichefs" avec une bonne cadence. On arrive à gratter quelques places de temps en temps mais cela ne suffit pas à mon binôme, il me souffle à l'oreillette d'accélérer un peu plus quand le terrain le permet pour ne pas trop être pris dans les bouchons. La requête est validée et j'entame un genre de fractionné. Le cardio est mît à rude épreuve. Philippe prend tranquillement le relai et donne le rythme. Je lambine un peu, je navigue entre 5 et 30 mètres derrière lui mais il parvient à me hisser hors de la tranchée. La montée du Touet c'est terminé !
Nous voilà à terrain découvert sur les plateaux du Vercors, on se fait plaisir, on enchaine les grandes foulées, on ne voudrait pas prendre une balle perdue. Premier point d'eau, on récupère en marchant un peu. Le soleil nous agresse déjà, faut pas traîner.
On alterne prairies et sentiers légèrement boisés. Et là une embuscade ! En rentrant dans un bosquet. Une branche m'arrive en plein viseur, double-esquive ! Ça ne suffit pas, la baïonnette me rafle le cou, pas le temps de la signaler à Philippe qu'il l'a déjà pris sur la tête. On prend le temps de chercher ses lunettes infrarouges perdues dans la bataille, qui étaient finalement restés sur la branche (elle aura fait d'autre victimes !).
Pas de blessés, on repart direction premier ravito ou on utilisera nos premières rations de survie, un peu avant on y aura croisé le sergent chef "coach" en pleine inspection de ses recrues. On profite de légères descentes pour passer quelques frères d'armes jusqu'à une belle bute. Les bras sont en mode vérins et il y en a bien besoin. Je suis encore à la traine, je commence à tirer la langue. Philippe me tracte encore jusqu'au sommet, éprouvante cette grimpette, mais c'est chose faite.
Place à la descente, je prend les commandes. Un spahi nous avertit de faire attention à cette descente, un panneau nous le rappelle 10 m plus loin et 2 coureurs nous le confirment 10 m plus loin aussi, une mine antipersonnel a touché une cheville de l'un d'eux. Mort au combat, la plus belle des morts.
Y'en a de partout, des pierres, des racines, des branches, le danger est omniprésent. A 3 semaines du Mont-blanc on ne va pas tenter un triple Axel vrillé, on ralentit naturellement, en même temps cela soulage les rotules car on va en avoir besoin pour la suite. La descente se finit sans encombre pour un retour sur les derniers kilomètres de plat.
2ème ravito, check-up obligatoire, je souffle un peu le temps que Philippe ravitaille sa gourde, la chaleur est bien là et elle accentue notre fatigue, on marche de plus en plus en dénivelé moyen, ça commence a être dur.
Nous revoilà au Touet, version descente, le début nous fait du bien c'est ombragé, ça tape moins sur la tête, mais avec 20 km au compteur c'est sur les articulations que ça tape ! On dévale dans la souffrance, on jauge notre vitesse suivant le niveau douleur, c'est long, on n'en voit pas la fin. On parvient à s'en sortir sans trop de casse, mais usante cette descente !
Pause commission, puis on trottine avant la dernière bosse. Philippe ressent une gêne, il se déchausse de sa Ranger pour enlever le caillou (c'était un ampoule au talon). Le couteau entre les dents on attaque la dernière épreuve, comme à chaque montée je couvre les arrières. Quand j'avance d'un pas j'ai l'impression de reculer de deux, je tire tellement la langue qu'elle touche le sol, en rampant j'irais plus vite !
Chaque dépliage de jambes provoque un rictus, mais faut rien lâcher on y est presque. On amorce une légère descente, et enfin Peyrus ! La voix du speaker se précise, Pascal est un poil derrière nous, on fait le finish avec lui main dans la main, les bras en l'air ! Une bien belle victoire. Un grand merci à Philippe qui m'offre mon premier podium, on aura bien rigolé en ayant tout donné.
Ça a été beau, ça a été dur, on n'a pas vu passer les 3h30. J'en garderais un très bon souvenir, je vous conseille les duos !
Pour ce week-end Anthony est inscrit aux Drayes et dimanche sortie sur Beauchastel en souhaitant qu'il ne pleuve pas trop.
Départ 8h45 du vestiaire ou 9 h à Beauchastel.
Je gare la jeep a 500 mètres de la ligne ennemie dans un champ apparemment déminé. Phil et moi partons retrouver le reste du régiment qui revient de permission.
JCP, au rapport !
Revêtu de notre tenue de combat nous prenons le temps de faire la photo souvenir d'avant guerre.
Les soldats les plus entraînés partent à 8h30 sur le 38 km 2600 D+ ! Les moins chevronnés à 9h sur le 25 km 1500 D+, 2 parcours exigeants sous cette chaleur intense. Sur le 25, on forme 4 compagnies, Thierry et Laurent, Jennifer et Mam's, PJ et Phil, Philippe et moi, Brice et Pascal en sentinelle sans oublier Quentin en éclaireur !
Les 3 premiers kilomètres de faux plats montants se font au pas course, ça va bon train, formation en rang serré jusqu'au 1er obstacle, le pas du Touet, 2 km à 30 % !
Changement de tactique, on passe en file indienne et en marche militaire ! Je prends la tête de ma compagnie "les capichefs" avec une bonne cadence. On arrive à gratter quelques places de temps en temps mais cela ne suffit pas à mon binôme, il me souffle à l'oreillette d'accélérer un peu plus quand le terrain le permet pour ne pas trop être pris dans les bouchons. La requête est validée et j'entame un genre de fractionné. Le cardio est mît à rude épreuve. Philippe prend tranquillement le relai et donne le rythme. Je lambine un peu, je navigue entre 5 et 30 mètres derrière lui mais il parvient à me hisser hors de la tranchée. La montée du Touet c'est terminé !
Nous voilà à terrain découvert sur les plateaux du Vercors, on se fait plaisir, on enchaine les grandes foulées, on ne voudrait pas prendre une balle perdue. Premier point d'eau, on récupère en marchant un peu. Le soleil nous agresse déjà, faut pas traîner.
On alterne prairies et sentiers légèrement boisés. Et là une embuscade ! En rentrant dans un bosquet. Une branche m'arrive en plein viseur, double-esquive ! Ça ne suffit pas, la baïonnette me rafle le cou, pas le temps de la signaler à Philippe qu'il l'a déjà pris sur la tête. On prend le temps de chercher ses lunettes infrarouges perdues dans la bataille, qui étaient finalement restés sur la branche (elle aura fait d'autre victimes !).
Pas de blessés, on repart direction premier ravito ou on utilisera nos premières rations de survie, un peu avant on y aura croisé le sergent chef "coach" en pleine inspection de ses recrues. On profite de légères descentes pour passer quelques frères d'armes jusqu'à une belle bute. Les bras sont en mode vérins et il y en a bien besoin. Je suis encore à la traine, je commence à tirer la langue. Philippe me tracte encore jusqu'au sommet, éprouvante cette grimpette, mais c'est chose faite.
Place à la descente, je prend les commandes. Un spahi nous avertit de faire attention à cette descente, un panneau nous le rappelle 10 m plus loin et 2 coureurs nous le confirment 10 m plus loin aussi, une mine antipersonnel a touché une cheville de l'un d'eux. Mort au combat, la plus belle des morts.
Y'en a de partout, des pierres, des racines, des branches, le danger est omniprésent. A 3 semaines du Mont-blanc on ne va pas tenter un triple Axel vrillé, on ralentit naturellement, en même temps cela soulage les rotules car on va en avoir besoin pour la suite. La descente se finit sans encombre pour un retour sur les derniers kilomètres de plat.
2ème ravito, check-up obligatoire, je souffle un peu le temps que Philippe ravitaille sa gourde, la chaleur est bien là et elle accentue notre fatigue, on marche de plus en plus en dénivelé moyen, ça commence a être dur.
Nous revoilà au Touet, version descente, le début nous fait du bien c'est ombragé, ça tape moins sur la tête, mais avec 20 km au compteur c'est sur les articulations que ça tape ! On dévale dans la souffrance, on jauge notre vitesse suivant le niveau douleur, c'est long, on n'en voit pas la fin. On parvient à s'en sortir sans trop de casse, mais usante cette descente !
Pause commission, puis on trottine avant la dernière bosse. Philippe ressent une gêne, il se déchausse de sa Ranger pour enlever le caillou (c'était un ampoule au talon). Le couteau entre les dents on attaque la dernière épreuve, comme à chaque montée je couvre les arrières. Quand j'avance d'un pas j'ai l'impression de reculer de deux, je tire tellement la langue qu'elle touche le sol, en rampant j'irais plus vite !
Chaque dépliage de jambes provoque un rictus, mais faut rien lâcher on y est presque. On amorce une légère descente, et enfin Peyrus ! La voix du speaker se précise, Pascal est un poil derrière nous, on fait le finish avec lui main dans la main, les bras en l'air ! Une bien belle victoire. Un grand merci à Philippe qui m'offre mon premier podium, on aura bien rigolé en ayant tout donné.
Ça a été beau, ça a été dur, on n'a pas vu passer les 3h30. J'en garderais un très bon souvenir, je vous conseille les duos !
Alex
Les photos ici.
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Pour ce week-end Anthony est inscrit aux Drayes et dimanche sortie sur Beauchastel en souhaitant qu'il ne pleuve pas trop.
Départ 8h45 du vestiaire ou 9 h à Beauchastel.
Commentaires
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A mourir de rire ! Merci pour ton récit qui donne envie de s'inscrire pour l'année prochaine.
RépondreSupprimerMort de rire moi également ! Félicitation pour ce récit soldat Alex, bravo aux régiment jcpiens ce fut une belle bataille !
RépondreSupprimerMoi aussi je me suis bien marré en lisant et relisant ton récit, si j'avais pu rire autant tout le long de ma course, mais comme tu dit c'était la guerre, j'ai pour ma part, pris un éclat d'obus au porte de la libération.
RépondreSupprimerIl est pas beau notre Alex sur la 1ère marche du podium, les mains dans le dos, la tête haute, le regard fier, manque plus que la Marseillaise en fond sonore et tout y est !! :)
RépondreSupprimerSuper récit, trop drôle, hâte de lire celui de l'épopée du Mont Blanc...
Bravo, vous avez formé un beau duo tous les deux ! Et bravo à tous les autres aussi !
Hilarant ton récit Alex !! (faut pas croire on a pas toujours rigolé sur le parcours !! même si tout est vrai....)
SupprimerOn s'est bien battu, avec nos armes !!! tu pouvais être fier sur ton podium bien mérité ........ et je pense que tu es le 1er aussi sur les récits !! comme dit Jenni, on languit déjà celui du Mont blanc !
PS: Le duo c'est un bon concept, à refaire !!