Après avoir lâchement fait faux bond à mes partenaires en 2019, cette année pas d'hésitation, puisque dès le 1er jour des inscriptions en Avril, je prenais mon dossard pour la mythique Saintélyon 67ème édition.
Avant de vous raconter en détail notre week-end, j'attaque direct dans le dur par 2 coups de gueule envers les organisateurs, comme ça c'est fait et on passe à autre chose
1- c'est dingue ce bordel au départ, à être entassé 1 heure d'abord dans le palais des sports et sur la ligne de départ à ne pas savoir quand on va partir et à attendre un coup trop au chaud puis dehors au froid sous la neige. Franchement, il faut trouver une solution, c'est à chaque fois le même bordel
2- inadmissible les douches froides à l'arrivée alors que tu viens de courir toute la nuit sous la neige et le froid !
Ça c'est dit...... passons à la course qui comme son nom l'indique consiste à relier Saint Etienne à Lyon de nuit le dernier samedi de Novembre.
67ème édition donc et ce sera ma 3ème participation pour moi après 2015 et 2017 où j'avais les 2 fois réussi à rallier l'arrivée
Parmi les 15 000 inscrits sur tous les formats de course (160, 78, 46, 23 et 13km + les relais), Florian et Mickael représenteront le club sur la Saintexpress 46km et Patrick (15ème Sainté au compteur), Denis (2nd) et moi seront au départ avec comme le dit le dicton du JCP un seul objectif "rentrer à l'écurie" et confirmer le "pas d'abandon à la Saintélyon" !)
Nous serons près de 8000 inscrits au départ (mais seulement 4000 finishers) de cette édition qui cette année s'annonce au départ dans le tiercé de tête des éditions les plus difficiles et la plus longue avec 78km et avec le plus de D+ avec 2300m
Samedi 15h, départ groupé de Valence où nous accueillons avec nous un ami de Patrick venu de Marseille pour en découdre avec nous. On arrive tranquille sur Lyon à la hall Tony Garnier pour récupérer nos dossards. Stratégiquement, on nous contraint à faire tout le tour du salon du running avant d'arriver au stand dossard, ce qui se fait en quelques secondes, puis notre lot, une paire de lacet "révolutionnaire ! (lol)
On finit notre tour au salon par la visite des stands des grandes courses nationales où l'on tente notre chance pour y gagner des dossards et prendre des infos sur certaines qui nous intéressent.
Alors que Patrick et Denis prennent la navette en bus pour Saint Etienne et y déguster la pasta party locale, je rejoins mon frère pour un accueil un peu plus chaleureux chez mon frère qui habite non loin du départ.
Je retrouve mes compères avant 23 h dans le palais des sports, puis nous faisons une demi-heure de compression humaine dans le hall où nous admirons par les baies vitrées la neige qui tombe à gros flocons. On rejoint la ligne de départ, on attend notre tour, nous serons dans la vague 3 avec un départ à minuit précise.
Cette année, le traceur a fait fort, fini les 8 premiers kilo de route plate en direction de Sorbiers, on attaque dès le 3eme kilo les chemins et le dénivelé. On est encore tous les 4, mais très vite, je vois que mes compères sont en grande forme et que nous n'allons pas pouvoir rester ensemble très longtemps. Au 10ème on arrive à Sorbiers et on attaque une longue montée de 8 kilomètres en direction du 1er ravito à St Christo en Jarez. Je commence à perdre mes compères de vue et je me place en mode gestion alternant la marche dans les montées et trottinage sur le plat et les descentes. La neige est bien présente au sol, il fait froid et il y a beaucoup de portions gelées où les 1ères chutes sont légions.
Je n'échappe pas à la règle et j'en prends une bonne dans une descente ! la 1ère d'une longue série...
La stratégie collective est, tous à la queue et tous sur les bords des chemins où la neige en poudreuse sur les herbes n'est pas gelée et permet de courir sans tomber.
2h15 me voilà à St Christo au 18ème kilo et déjà 650D+ d’avalé. Je suis bien malgré des petites douleurs "normales". Un verre de coca et un bout de banane plus tard, je repars de ce ravito ouvert aux 4 vents. J'ai de toute façon largement de quoi manger sur moi et je m'alimente et boit très régulièrement.
J'attaque ce second tronçon de 14km où là encore, le traceur nous a réservé une belle surprise, on part très à l'Est avec une vue sur la vallée du Giers. On est tout en sous bois, j'en profite pour discuter avec un gars qui est inscrit sur la Lyon-Saintélyon et qui a donc "déjà" fait le parcours à l'envers ce matin et qui m'annonce une belle montée avant la descente sur Sainte Catherine. Et ça va se confirmer avec une sacrée bosse de 3 kilomètres bien raide. Ça ne rigole pas dans le peloton et tout le monde a les mains sur les cuisses ! La descente sur St Catherine est toujours aussi difficile et verglacée, pas de prise de risque, j'y vais tout doux, l'objectif c'est de rentrer à l'écurie !
32 km et 1000 de D+, il est 5h du matin et tout va plutôt bien, je suis 3300ème au classement je me ravitaille un peu, me réchauffe avec un thé chaud, mais je ne m'attarde pas trop car comme le dicton: A Sainte Catherine ne prend pas racine ! Et surtout ne pas regarder les centaines de coureurs installés au chaud dans les bus et qui ne rallieront pas l'arrivée.
Après Sainte Catherine s'ensuit 8 kilomètres de montée en direction du point haut de la course à près de 1000 m d'altitude à St André la côte dit le signal. Ses kilomètres se font sur une large piste totalement enneigée et quasi toujours verglacée où les chutes sont légions et où la montée finale de 3 kilomètres semblent interminable. Je monte à mon rythme tranquille, mais il fait vraiment froid, le vent bien présent glace bien le corps, c'est pas la partie la plus rigolote de la course et je me dis que j'ai bien fait de mettre mes 3 couches de vêtements et mon tour de coup me protège bien ! Quand j'en vois certains en short, je me dis qu'il y a vraiment des fous !
Ça y est, j'y suis au sommet, il est 6h30 et le plus dur est fait, enfin en terme de dénivelé car il me reste quand même 36 kilomètres à faire.
La descente de 3 kilomètres est bien cassante et dangereuse, le 1er kilo est une véritable savonnette géante, ça chute de tous les cotés, ça s’accroche aux arbres...la fin s'effectue dans la boue et les cailloux, c'est technique et ça met au supplice les quadriceps !
On retrouve un bout de route, ça fait du bien ! Et s'ensuit 2 kilomètre pour atteindre le ravito de Saint Genoux-le camp. il est 7h30, je suis 3200eme j'ai fait 45km et 1600 de D+, je suis bien et je sais que normalement je serai finisher
Une belle bosse d'un kilomètre après le ravito et j'attaque 10 kilomètres descendant. Je suis bien en jambe et je cours à dix à l'heure et commence à doubler pas mal de concurrents, ça fait toujours plaisir !
J'arrive à Soucieu en Jarrest au kilomètre 56 à 9h en 3100ème position et je suis toujours bien. Rapide ravito et je repars en direction de Chaponost, 10km plus loin. Je double beaucoup de monde sur cette portion où il n'y a plus grande monde qui court. Le profil est quasi plat puisqu'il n'y a que 100 D+. Je boucle cette portion de 10km en 1h10.
J'arrive à Chaponost au kilomètre 65 à 10h15 en 2700ème position. Là encore, je ne m'attarde pas trop car je garde dans un coin de ma tête l'objectif de pouvoir en finir en moins de 12h.
Il me reste 14km et presque 400 de D+ sur cette dernière portion qui est identique aux éditions passées et où je sais qu'il y reste pas mal de portions bien raides. Je repars toujours bien en jambe sur des parties roulantes en direction de la remontée de l'arche Ponant au kilomètre 72.
Et là, cette montée à 20% sur 500 m à raison de moi et de mon ischio ! J'arrive en haut au bout de ma vie, les jambes ne répondent plus et il me reste encore 6 kilomètres avec 2 bosses bien costaudes, ça s'annonce compliqué. Je vais mettre 1h15 pour faire ces 6km, une vraie gageure et une misère de voir des centaines de concurrents me dépasser même en marchant.
La descente finale sur Lyon et la centaine d'escaliers de la Mulatière sont un vrai supplice et heureusement qu'il ne me reste que 2 kilomètres, car franchement je suis dans le dur. J'essaie de trottiner à l'approche du musée des confluences et du pont Raymond Barre et la foule bien présente nous encourage comme il se doit. J'arrive à la hall Tony Garnier et voilà enfin l'arche que je franchis à 12h34 en 2900ème position !
Finisher ! YES, que ça fait plaisir que de pouvoir boucler ma 3ème Sainté ! et celle là, elle était vraiment costaud ! on a tout eu....la nuit, le froid, la neige, le vent glacial, le verglas, le dénivelé max et le max de kilomètres.
Au final cette édition 2021 restera une sacrée édition avec à peine 4000 finisher dans des conditions "made in Saintélyon" et un parcours vraiment costaud mêlant portions techniques et gelées et portions roulantes sur la fin.
Merci aux organisateurs malgré les 2 coups de gueule et aux 900 bénévoles et signaleurs présents pour certains toute la nuit dans le froid pour nous encourager. Bravo à eux.
Un peu de repos bien mérité et à bientôt pour de nouvelles courses avec peut être une participation au trail nocturne de Valence si les jambes sont de retour. Et pour ceux qui hésitent, allez y ! la Sainté c'est quand même une course à faire une fois dans sa vie de traileur.
Pierre Jean










Commentaires
Enregistrer un commentaire
Après avoir écrit votre commentaire, allez dans le menu déroulant et choisissez nom/url. Renseignez dans nom, ne rien marquer dans url. Aperçu si vous le souhaitez et pour finir publier.
Pour les utilisateurs d'iPad ou d'iPhone, vous faites pareil, normalement ça marche maintenant.
Vous pouvez également répondre au commentaire précédent, c'est la même procédure.
J'ai oublié le plus important, n'hésitez pas à laisser des commentaires, le blog n'en sera que plus vivant.
Merci à vous !