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Gapen'cimes, 1ère partie

   Le 6 octobre 2013 Gap organise son championnat de France de trail court avec des coureurs de mon club, représenté par Serge, Bruno, Phil, Thierry et moi-même pour participer avec les meilleurs trailers du moment.
    Pas moins de 720 trailers sont  présents sur le 24 km et 300 sur le 57 km. C’est une épreuve dans un paysage sublime ou chaque sommet qui entoure la ville vous invite à venir vous défouler sur leurs vastes prairies et pâturages. Une organisation et des bénévoles forts dévoués pour que ce week-end soit des plus convivial. Je vous le dis, ce weekend restera dans ma mémoire  pendant de nombreuses années. Après plusieurs empêchements, me voilà enfin dans cette préfecture des Hautes Alpes qui fleure bon l’air alpin et qui vit au rythme du tourisme et de l’armée avec déjà un petit air de Provence par sa lumière et l’accent presque chantant.
    Nous sommes à 750 mètres d’altitude et ce samedi soir le pic de Charance et le col de Gleize nous narguent déjà. Mais voilà, il faudra attendre dimanche matin pour pouvoir découvrir les sentes de ce trail des crêtes avec ses 1500 m de D+. En attendant nous allons arpenter les rues de Gap, puis nous restaurer au mess de la caserne militaire. Pour la modique somme de 5 euros, nous avons un plateau repas de pâtes que l’on peut compléter de salades variées, de desserts et fruits. Puis direction le Formule 1 de Gap pour y passer un sommeil plus ou moins reposant entrecoupé de divers bruits humains.
    Réveil: 7 heures. Il est temps de se préparer et humer l’air ambiant du matin. Sans être trop froide,  la météo semble en notre faveur malgré quelques remarques décourageantes de coureurs qui voient quelques nuages qui arrivent de l’Est. Mais nous aurons une superbe journée et avec la beauté des paysages, le charme se fait déjà. Nous sirotons un café et un chocolat en terrasse, puis après les derniers ajustements vestimentaires il est temps de rejoindre la ligne de départ. Nous nous stationnons pas loin de l’arrivée, histoire de ne pas trop marcher après le trail et de ne pas être loin des douches.
    8h15-8h45 petits échauffements puis nous nous dirigeons vers l’arche du départ divisée en trois sas, l’élite, les coureurs du championnat et enfin un grand nombre de trailers moins connus mais toutes et tous autant méritants avec la même motivation, participer à ce trail mythique.
    9h00 Le départ. Il faut presque jouer des coudes pour partir, car il y a du monde. Les meilleurs étirent le peloton vers les premières ruelles montantes de la ville et voilà que je ferme la course avec une trentaine de coureurs en compagnie de Thierry qui restera avec moi jusqu’au 3ème kilomètre  histoire de bien s’échauffer et de ne pas réveiller ses douleurs.
    Il retrouvera la forme après le premier ravito. Nous perdons quelques minutes au 2ème km car un énorme bouchon se forme dû à l’étroitesse du monosente ou l’on passe un par un. Après le 1er ravito, le chemin est bien plus large, très roulant, en pente douce et en zigzag. Nous somme en sous-bois. Pas encore de vue dégagée mais je crois que je vais en prendre plein les yeux. Pas de souci d’orientation, des rubalises sont aux points stratégiques et quelques bénévoles nous encouragent. Puis le chemin se fait de plus en plus pentu.
    Je règle mon altimètre, je suis à 1200 m et le premier sommet est à 1650 m, donc je dois gérer cette montée jusqu’à la faille que je ferais quasiment en marchant. Je croise quelques randonneurs et des coureurs qui descendent à vive allure. Je pense aussi aux deux barrières temps, à savoir arriver au 11ème km avant 12h30 et au quatorzième avant 14h30. J’avance à une moyenne de 5.5 km/h et je me sens bien malgré la difficulté. Cela me rassure car je vais largement  être dans les temps et j’ai en tête des chronos des derniers de l’an dernier qui ont mis plus 5h30.
    8ème km voilà la fameuse faille qui indique que nous atteignons les hauts alpages. 
    Beaucoup de monde pour nous encourager et le fameux Marco qui nous filme. Voir la vidéo. Hélas pas de passage de Thierry et Serge. Auraient-ils bifurqué ? Seules leurs montres pourraient nous le dire.
   En effet, on en prend pleins les yeux. D’abord après la montée en sous-bois et sa falaise austère, nous voilà sur des plateaux très verts ou paissent des vaches de couleur blanche. 
   Nous découvrons toute la ville de Gap, ses immeubles, ses quartiers  résidentiels, sa vallée et ses vertes forêts. Au loin d’autres massifs connu comme le Champsaur ou le Dévoluy aux formes et aux sommets arrondis  ou  pointus. Des falaises de couleurs beiges ou les nuages se jouent du soleil des jeux d’ombres, et  par un jeu de caresses à chatouiller les cimes. C’est vraiment magnifique.
     Mais on n’est pas au sommet de la course car il faut encore monter jusqu’au relais puis descendre et remonter et descendre encore comme des montagnes russes. On a l’impression que les coureurs forment une énorme chenille de différentes couleurs sur ce parcours. C’est sublime de voir que tout le monde se fait plaisir dans ces alpages.
  Les vaches doivent rire de nous voir ainsi peiner...

Robert

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