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Gapen'cimes 2ème partie

   Je repère le 11ème km à la cime d’une grosse bosse, c’est la barrière temps. 11h30 à ma montre, c’est bon je me sens bien. J’entends un gars me dire que je suis au plus haut (1895 m).
   Un petit passage en crête, puis voilà une bonne descente technique. Là j’ai peur car je n’ai pas de bâton et que le sol est bien terreux, mouillé mais pas trop glissant. Quelques traces de chaussures m’indiquent qu’il faut être prudent. Je m’accroche à quelques branches. Le soleil a commencé à bien sécher le terrain. Je suis maintenant seul car les deux féminines avec qui je montais sont devenues des gazelles et légères comme l’air, je les ai vu partir à toute vitesse dans la descente. Elles sont aussi moins lourdes. 
   À peine 4 kilomètres avant le 2ème ravito et la 2ème barrière temps. Après le passage technique, le chemin devient plus roulant et bien descendant. Le parcours me fait découvrir l’arrière-pays de Gap toujours très vert entouré par de superbes massifs dont je ne connais pas les noms. À un carrefour, un bénévole m’annonce le col de Gleize à 1.5 km puis il restera 10 km, que de la descente. Je m’attends au pire pour arriver à ce col mais il se fait par un large sentier forestier en faux plat montant. J’appelle Phil pour lui signaler ma position. Il vient d’arriver, après Bruno et Serge, en un peu plus de 3 heures. Je lui annonce ma position et lui dis mon heure approximative d’arrivée à Gap. Il a largement le temps d’aller se doucher et souffler un peu.
   J'arrive au ravito. Je suis stoppé net par le photographe qui me demande de reculer pour faire la photo. Pas de pause me dit-il, il faut arriver en courant pour montrer votre dynamisme. Tu parles de dynamisme. J’ai quasiment marché pendant deux heures et il me demande de courir maintenant. Je retrouve mes deux féminines qui assistent à la scène et ça les fait bien rire.
  Au ravito, j’assiste au passage de la première féminine du long. Gros bravo et encouragements. Je repars tranquille en courant cette fois ci. C’est 10 km de descente avec quelques faux plats mais fort agréable. 2/3 de monosente et le reste par de larges chemins et quelques portions de bitume. Le soleil chauffe bien l'atmosphère. La journée est bien agréable avec un peu plus de vent qu’au sommet. Cela rafraichit un peu. Je suis maintenant sur le même parcours que le long si bien que souvent je m’écarte pour  laisser passer les coureurs.
   Un moment, en voulant laisser passer deux gars, je me camoufle derrière un arbre et voilà t’il pas qu’ils me suivent.
- Non non ne me suivez pas, le chemin est plus bas, je me suis écarté pour vous laisser passer.
 Ils me regardent, éberlués, puis reprennent le bon sentier.
   19ème kilomètre, il me reste cinq kilomètres, ils me semblent interminables et j’ai l’impression que je n’avance plus. Pourtant je n’ai pas marché depuis le ravito. Je regarde ma montre toutes les deux minutes. Je rattrape un gars qui a des crampes et qui marche comme un canard. J’ai mal pour lui et en même temps il me fait rire. Encouragement mutuel. Puis je repars, je lui souhaite bonne chance. Je souhaite terminer en moins de 5h00.
   Voilà les deux derniers kilomètres. Nous sommes en ville et que de la descente. Le parcours est bien balisé et toujours autant de bénévoles pour nous aiguiller et nous encourager. Ils ont vraiment mis le paquet pour ce trail. Voilà encore quelques coureurs du long qui me dépassent. Ils ont une de ces formes; puis voilà enfin le panneau du dernier kilomètre. Des enfants m’encouragent, quelques marches d’escaliers qui cassent bien les jambes; allez j’essaye de ne pas trop ralentir. 400 mètres à savourer et à se dire que c’est la fin.

   Voilà l’arche, on arrête les chronos. Aucune douleur musculaire, ni aux genoux. Un petit sourire pour remercier tous les encouragements. Je retrouve les copains du club qui ont terminé bien avant moi. Bravo bravo bravo. On en a pris plein la vue, plein les jambes et déjà on songe à revenir l’an prochain.
   Alors que dire de ce trail. En deux mots, magnifique et grandiose. Organisation parfaite et une météo idéale. Et quel bonheur de pouvoir siroter une bière sous la douche….
   Je dédicace mon récit à tous les copains et copines du JCP qui sont en grande récupération.et à ceux qui ont couru pour le club. J’espère que des féminines de chez nous viendront l’an prochain…

Merci et à très vite…

Robert

Les photos ici.

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